14 moyens d’être plus créatif

1. S’isoler
Réussir à créer, dans n’importe quel domaine, cela demande du temps. Du temps que l’on passe seul. A douter, à s’interroger, à souffrir parfois. C’est pourquoi la plupart des gens préfèrent les activités sociales. Tout nous y pousse, c’est-à-dire que la société toute entière nous incite à ne pas être créatif.
Une fois que vous vous êtes isolé, se pose à vous une question, du genre « qui suis-je? » Voilà déjà une belle énigme. Un programme de travail. C’est en suivant ce programme que vous deviendrez peut-être un créateur. (A lire: Bloguer rend plus heureux)
2. Commencer
Le plus difficile, c’est de s’y mettre. C’est extrêmement difficile. Douloureux. Angoissant.
Pour réussir à créer, même la plus petite chose, il faudra surmonter ce blocage, cette peur.
Il n’y a pas d’autre moyen que de commencer. Ne regardez pas le haut de la montagne, faites juste un pas. L’essentiel, c’est de commencer. (A lire: 7 idées pour vaincre la procrastination)
3. S’organiser
Contrairement à ce qu’on croit, les créateurs ne sont pas des fous bordéliques, qui créent spontanément sous l’effet de l’inspiration. Ce sont des gens organisés, qui ont une méthode, des outils, un rituel.
Trouvez votre méthode, vos outils. Par exemple, si vous écrivez, ayez en permanence un calepin et un crayon sur vous.
(A lire: 10 réseaux sociaux à découvrir)
4. Se nourrir
« Pour savoir écrire, il faut savoir lire et pour savoir lire, il faut savoir vivre ». (Guy Debord)
La création ex nihilo n’existe pas. Même Rimbaud, génie précoce, avait lu tous les poètes avant de composer lui-même de la poésie.
Se nourrir des meilleurs auteurs est un travail permanent. Il ne se distingue pas de la création elle-même.
(A lire: Dionysos 2.0)
5. Échanger
Les échanges et discussions avec les autres est aussi une façon de se nourrir. C’est même la plus naturelle, la plus vitale.
Ainsi, si nous avons besoin de nous isoler, il est aussi nécessaire d’échanger avec les autres.
Samuel Beckett écrivait dans une chambre située en face d’une prison. Chaque jour il communiquait avec un détenu en lui envoyant des signaux lumineux au moyen d’un miroir, tant était grande son désir de communiquer avec cet homme. A cet instant, cela lui importait plus que d’écrire.
(A lire: 10 sites pour donner et recycler)
6. Ruminer
« Mon livre ne sera compréhensible que lorsque les lecteurs auront acquis la capacité à ruminer » disait Nietzsche en préface d’un de ses livres.
C’est cette capacité à ruminer, à digérer lentement les œuvres que nous devons cultiver. Le processus demande du temps, beaucoup de temps.
Dans notre rapport au temps, nous sommes trop impatients. Nous voulons des actions qui rapportent tout de suite (action, dans tous les sens du terme). Il faut, au contraire, accepter une certaine improductivité, du moins dans un premier temps. De la patience.
(A lire: Le Pouvoir des nombres pour transformer sa vie)
7. Copier
Les artistes sont des copieurs. On peut copier pour apprendre, comme un peintre copie des toiles de maître. On peut s’inspirer d’une ouevre, emprunter une idée, voire carrément plagier (comme Lautréamont nous l’enseigna).
L’idée selon laquelle le créateur sort tout de lui-même est une idée fausse. La création est une recomposition, un travail de curateur autant que de créateur.
(A lire: 7 conseils pour trouver la motivation de bloguer)
8. Prendre de la hauteur
Créer, c’est entrer en contact avec notre vraie personnalité. Et donc, c’est vouloir mettre en lumière la meilleure part de nous-même. De même, c’est s’adresser à la meilleure part de notre lecteur (ou spectateur).
Si la question se pose à moi de savoir quel effet je dois produire sur celui qui me lit, la réponse sera: ce qui me permettra de m’adresser à la meilleure part de lui-même.
(A lire: Blogueurs, qui se soucie de nous?)
9. Connaître son rythme
Il est important de connaître son rythme. La période de la journée où vous serez plus créatif. C’est à ce moment là que vous aurez le plus de chance de donner le meilleur de vous-même.
Connaître son rythme, c’est aussi savoir quels sont nos points forts. Êtes-vous plus visuel ou auditif? Préférez-vous l’écrit ou l’oral?
Connaître son rythme vous évitera de subir un rythme imposé et vous mettra plus en accord avec vous-même.
(A lire: 10 moyens de vaincre l’overdose d’infos)
10. Se focaliser
La distraction est sans doute le fléau du siècle. Avec Internet, l’attention se disperse dans tous les sens vers de multiples sources d’information.
Apprenez à ne faire qu’une chose à la fois. Bloquez-vous sur une tâche en essayant de la réaliser. Vous pouvez utiliser un minuteur et vous motiver pour vous concentrer sur cette tâche pendant le temps défini.
11. Ne pas juger
Accepter les idées qui viennent sans les juger est un principe, utilisé notamment pour les séances de brainstorming.
Ce qui est nouveau, nous peinons à l’accueillir, car nous le jugeons à l’aune de ce que l’on connaît. Suspendre son jugement (pour un temps) est la seule issue pour faire advenir quelque chose de frais.
12. Corriger
Ce point est un des plus importants. Un texte (ou n’importe quelle œuvre) ne surgit pas du premier coup. Relisez-le et corrigez-le autant de fois que vous le jugerez nécessaire.
On peut même dire qu’un texte n’est jamais totalement terminé. Certains auteurs corrigent leurs textes même après publication. Aujourd’hui, avec les possibilités de publication à la demande, un texte peut évoluer à chaque impression.
13. Ne pas se comparer aux autres
Ce principe est valable pour tout, pour éviter de souffrir.
14. Exagérer
Se contenter de décrire la réalité, ça ne marche pas. Ça ne fait pas vrai, paradoxalement. Il faut exagérer.
Quand Simenon a créé le personnage de Maigret, il a exagéré. Le type est exagérément lourd, il fume en permanence sa pipe, boit de la bière dès qu’il en a l’occasion et adopte toujours les mêmes rituels. C’est ce qui rend le personnage vivant.
photo: Duchamp, Lhooq, 1930 © Succession Marcel Duchamp, Adagp, Paris 2005 _ Dépôt du Parti communiste français (Centre Pompidou)
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Tags: creativite, duchamp, écriture, inspiration
juin 15th, 2010 at 10:39
Salut Eric, chouette article.
J’aime beaucoup le 8.
Je suis à la fois surpris et d’accord par le s’isoler, qui vient être pondéré par les autres « communiquer », « rester en lien » qui arrivent ensuite. Une co-création peut se faire absolument en lien et nous n’avons pas nécessairement besoin d’être isolés pour être qui nous sommes.
Je suis plutôt d’accord avec le reste même si « ne pas se comparer aux autres » m’a fait tiquer: et c’est surtout la raison ou la justification qui me fait différer. Si le commandement est bon, je n’aurai pas dit qu’il fallait ne pas le faire pour éviter la souffrance, mais plutôt parce que 2 lignes plus haut, 11: ne pas juger, j’évite les jugements.
Accepter ce qui est, les animaux ne se comparent pas les uns aux autres, ils vivent en harmonie ou en confrontation. Le bambou ne se mesure pas au chêne, chacun a sa raison d’être et ils co-existent.
De ce fait, je ne me comparerais pas aux autres non par peur de souffrir, (qui pourrait être une conséquence du résultat de la comparaison), mais parce que ça n’a pas de sens. L’essence ne compare pas.
juin 15th, 2010 at 15:22
Tu as parfaitement raison: ne pas se comparer aux autres se justifie par le « ne pas juger »! C’est bien plus clair.
Notre société est une société de compétition, donc nous sommes conditionnés à entrer en compétition; c’est pourquoi je parlais d’une souffrance.
L’isolement, il me semble nécessaire; mais c’est peut-être une question de personnalité. De rythme aussi: chacun a besoin de périodes d’isolement plus ou moins grande.
juin 15th, 2010 at 15:53
1, 4, 5 et 10 : voilà ceux qui fonctionnent le mieux pour moi. Merci pour ce très bon article qui change un peu de ce qu’on lit ailleurs.
juin 16th, 2010 at 00:47
D’accord avec tes 14 points. Mais j’ajouterais :
• Observer (la réalité) et ce qui est lié :
• Analyser = Avoir une grille d’analyse,
• Hiérarchiser.
Observer est lié à (ou est une variante de) tes points 4 et 7
Analyser est lié à 8 et 12 : on ne peut corriger qu’après avoir analysé les insuffisances,
Hiérarchiser est lié à 3, 10 et 14. Pour ce dernier point (14), je dirais plutôt : Styliser ou Accentuer plutôt qu’Exagérer, mais ça n’a pas beaucoup d’importance…
juin 16th, 2010 at 10:42
@Boris,
Merci de ton commentaire. Au plaisir de lire ton blog!
@Emmanuel,
Tu as raison: Observer (la réalité) est sans doute un point très important. Observer la réalité, c’est voir ce que les autres ne voient pas: apercevoir le neuf sous le connu.
« Styliser ou Accentuer plutôt qu’Exagérer, mais ça n’a pas beaucoup d’importance… »
Le choix des mots à de l’importance: je préfère « styliser » à « exagérer ». J’ai exagéré!
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