Finalement, j’ai bien fait d’écrire le titre en premier
Parfois on publie un message anodin sur Twitter:

…et on reçoit des réponses indignées:

On sent que ces réponses viennent du cœur!
Martine, Cécile, Steven, Kaplan, François et Antoine ont réagi fortement. Presque tous sont journalistes. Et selon eux, le titre s’écrit après.
En effet, un journaliste choisit un sujet, enquête, rédige et, enfin trouve un titre.
L’article que je citais sur Twitter provient du blog Copyblogger. Un blog plutôt « marketing ».
Les articles qu’il publie ne sont pas journalistiques. Ce sont des articles qui visent à produire un effet sur le lecteur. Et grâce à cet effet, on incite le lecteur à l’action ( »call to action »). Cette action pouvant être: cliquer sur un bouton, s’inscrire au flux RSS du blog, remplir un formulaire de contact, remplir un devis, etc.
Bref, deux philosophies s’opposent.
Pour autant, je pense que, finalement, j’ai bien fait d’écrire le titre en premier. Pour trois raisons:
1. On peut changer d’avis.
C’est idiot à dire, mais quand on écrit le titre en premier, on a toujours la possibilité d’en changer. Si on l’écrit en dernier, on ne peut pas en dire autant!
Vous avez le droit de juger cet argument non recevable…
2. On sait où on va.
Écrire le titre en premier permet de savoir où on va. On a une feuille de route, on la suit.
Et d’ailleurs, j’aimerai demander aux gentils journalistes qui m’ont répondu: quand vous écrivez un article, vous avez défini un angle, non? Donc, vous savez où vous allez.
Le conseil « écrivez le titre en premier » pourrait se traduire par « choisissez un angle à votre article ». Sachez de quel sujet vous allez traiter et ce que vous allez en dire.
3. On tient sa promesse.
J’aime bien l’argument de l’auteur de Coppyblogger: le titre est la promesse que vous faites au lecteur. Son rôle c’est de dire clairement quel bénéfice il retirera de la lecture de votre article.
On le voit, ce conseil convient pour un type précis d’article: les articles informatifs qui apportent une certaine « valeur ajoutée ».
Ce conseil nous engage à nous demander: ce que j’écris a-t-il une quelconque utilité? Et il nous aide à organiser notre propos.
Qu’en pensez-vous?
août 9th, 2010 at 16:54
Mes billets en attente d’écriture (j’ai l’idée maîtresse et collecte sources et développements) ont tous un titre.
Il arrive qu’en achevant ma conclusion le titre originel change, mais ce n’est pas si fréquent.
Ca va dans le sens de ce que tu dis sur l’angle et sur la promesse au lecteur.
août 9th, 2010 at 16:56
Ça fait du bien d’être soutenu
août 9th, 2010 at 17:02
Faut-il une règle ?
Il m’arrive parfois d’avoir un titre que je trouve bon et de faire un billet uniquement pour le caser. Faut être taré…
août 9th, 2010 at 17:35
Le blog permet ça: tout est permis, comme disait Dostoïevski.
août 9th, 2010 at 19:00
Je rappelle tout d’abord ce qui est, normalement, un des fondamentaux du journalisme (du bon, du vrai, du soigné, du tout bien comme il faut dans les règles) : on ne rédige pas son titre avant le reste ; ni après, d’ailleurs ; le rédacteur ne rédige pas lui-même le titre de son papier : c’est là le rôle du secrétaire de rédaction ! Et le SR, cela va de soi, ne peut rédiger le titre que d’un papier qu’il a lu ; donc qui a été déjà été écrit ; c’est imparable
Cela dit, dans le cas où le pauvre rédacteur est contraint de titrer lui-même son papier, je conçois mal qu’il puisse le faire avant. Ce n’est qu’une fois que le papier est écrit que le rédacteur en connaît la version finale (désolé de devoir enfoncer une porte ouverte !) ; qu’il peut en saisir l’esprit définitif ; qu’il peut, surtout, prendre du recul, autant que faire se peut ; bref, qu’il peut titrer selon les règles de l’art.
Qu’un blogueur (le gars de Copyblogger) se flatte de prétendre le contraire, dans le but de secouer sa boutique, soit. Libre aux amateurs de dire aux professionnels ce qu’ils pensent, même s’il s’agit d’une connerie ! Mais cela ne doit surtout pas être pris en compte par les journalistes. Or tu es suivi, Éric, par nombre de journalistes, et tu as toi-même reçu une formation journalistique, d’où ma vive réaction.
Encore une fois, il m’apparaît important d’affirmer que contrairement à une idée (ou une velléité) largement répandue, un blogueur n’est pas journaliste, de même qu’un journaliste n’est pas blogueur. Ce sont deux disciplines bien différentes, et les recettes de l’une ne s’appliquent pas forcément à l’autre – parfois même bien au contraire.
Bref, faut pas pousser mamie dans les orteaux !
août 9th, 2010 at 19:09
@M Kaplan,
Ce n’est qu’après avoir lu entièrement ton commentaire que j’ai pu en saisir le sens
Oui, dans l’ensemble tu as raison. Mais je prends le conseil de copyblogger (qui m’a l’ar d’être un peu plus qu’un amateur) comme une stimulation à l’écriture.
Même un écrivain utilise un « titre de travail » pour un roman. Et à la fin le titre change.
Au-delà de la provoc, je trouve le conseil intéressant, mais à prendre avec des pincettes.
août 10th, 2010 at 14:08
Eric, ton prochain titre : « pourquoi il faut toujours aller lire la source avant de réagir à un titre »… il est apparent que que dans ton fil twitter, ces correspondants ont réagi/répondu au titre comme s’il était le texte, et n’ont pas cliqué sur le lien pour lire l’article en question… ce qui t’a obligé à faire ensuite une explication de texte détaillée – inutile pour ceux qui auraient lu l’article !
août 10th, 2010 at 15:43
@Otir,
Tes affirmations n’engagent que toi
Je pense que les personnes (qui sont des gens sérieux) ont parcouru le texte source. Mais, pour eux, il est clair qu’il faut écrire le titre une fois que l’article, avec ses nuances, a été écrit.
août 11th, 2010 at 03:49
Eric, je n’affirmais point ! je trouvais qu’il apparaissait comme… ( »il est apparent » disais-je).
J’ai trouvé que c’était plutôt les journalistes qui étaient affirmativement péremptoires, comme si tout écrit se devait d’être journalistique (on a tous une tendance à cet autocentrisme, je dois dire), alors que le texte source s’adresse aux rédacteurs, notamment web et que ce n’est pas du tout le même genre d’écriture.
Et si c’était des romanciers, ce serait encore une autre histoire !
août 11th, 2010 at 09:20
@Otir,
Oui, tu as raison: ils ont fait preuve de trop de réactivité, une réaction viscérale.
Pour autant, ça nous a permis de réfléchir sur un petit problème technique pas sans intérêt.
mars 23rd, 2011 at 03:08
Si l’on voie le titre comme un angle a choisir pour ce que l’on veut raconter je suis tout à fait d’accord avec toi !
Moi aussi mes articles en attentes ont tous un titre, mais il m’arrive de changer le titre, cela dépend surtout du sujet, si c’est une critique d’oeuvre, pas besoin le titre est le nom de celle-ci, mais si c’est un essai, alors là c’est fort possible que le titre change car en écrivant j’ai pu décidé de changer d’angle et donc le titre n’a plus sa raison d’être !
octobre 31st, 2011 at 18:38
[...] moteurs de recherche, dont Google, n’aiment pas les titres trop long. Au-delà de 65 à 70 signes, il ne prend plus en compte le contenu du [...]