5 émotions causées par les réseaux sociaux et comment les apprivoiser
Les réseaux sociaux transforment nos vies et notre façon de communiquer. Pour le meilleur et pour le pire.
Les réseaux sont dits « sociaux ». Ils concernent donc notre rapport aux autres. Un rapport distancié, puisque le média joue le rôle d’intermédiaire entre moi et l’autre.
Mais même s’il y a le média, on retrouve les mêmes émotions que dans la vie de tous les jours. Le narcissisme, l’attachement, la colère, la jalousie ou l’ignorance.
Ces cinq émotions liées aux médias sociaux, nous pouvons les apprivoiser, mieux les connaître, et en tirer partie.
1. Le narcissisme
Le narcissisme trouve dans les réseaux sociaux un terrain propice à se développer. C’est comme ça!
Prenez Facebook: c’est une vitrine où j’expose ma personnalité au regard de tout le monde (ou de mes seuls amis si j’ai limité l’accès). Ce profil, chacun essaie de le rendre flatteur. Une photo agréable, un CV vendeur, et des mises à jours qui démontrent vos compétences.
Bref, c’est comme si les réseaux sociaux avaient été conçus pour l’expression de la vanité.
Parler de soi. C’est fou ce qu’on raconte sa vie sur son blog ou sur les réseaux sociaux. Constamment tourné vers son nombril, le sociaunaute sympathise avec d’autres nombrils tout aussi ravi d’exister.
Ne parler que de soi. Il m’est arrivé d’échanger avec des blogueurs qu’on dit « influents » et la conversation s’est dérouler autour d’un sujet passionnant: eux-mêmes.
Des rôles sur mesure. Sur les réseaux sociaux, c’est comme s’il y avait une prime à l’ego. Ceux qui se vantent et se mettent en avant réussissent souvent à réunir autour d’eux une cour de fans. D’ailleurs on se demande ce qui les pousse, ces fans, à congratuler un individu qui souvent n’a d’autre mérite que de poster des photos rigolotes sur Twitter, des infos loufoques sur Facebook ou d’expliquer sur son blog comment il utilise les produits Apple.
S’il vous prend l’envie de devenir un héros sur les réseaux sociaux, choisissez bien votre rôle parmi ceux-ci:
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l’expert: il y a six mois c’était un débutant
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le gourou: il se moque des experts
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le copain: il est toujours d’accord avec vous
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le loleur: il tweete des photos rigolotes mais peut faire planter votre PC
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la geekette sexy: sa photo de profil correspond rarement à la réalité
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l’ultra féministe: sa cause est juste, ses moyens sont disproportionnés
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le justicier: des polémiques à n’en plus finir
Apprivoiser le narcissisme:
Vous l’aurez compris, le narcissisme est ridicule et il peut vous rendre odieux.
Alors, comment s’en sortir? Voici un plan en trois étapes:
1) S’en rendre compte: c’est le plus difficile!
2) Vouloir se corriger: pas évident!
3) Soyez vrai, soyez simple!
2. L’attachement
Une des raisons du succès des réseaux sociaux, c’est qu’on s’y attache. Plus précisément, on s’attache aux petits profils des gens. C’est génial, les réseaux sociaux! On se fait plein d’amis! Alors, forcément, on s’attache à eux. Au point qu’on ne peut plus se décoller de l’écran. Et oui, ne rêvons pas: tout cela est virtuel!
Lien ou solitude? Les médias sociaux créent-ils des liens ou alimentent-ils la solitude moderne? Le débat reste ouvert.
On pense plutôt qu’ils renforcent la solitude.
C’est le risque: en cultivant des amitiés numériques, on passe du temps qu’on n’investit pas ailleurs.
Souvent l’attachement est dû à la projection. On se projette dans l’autre, on élabore des scénarios. Tout cela est mental.
Matérialisme et réification. Les réseaux sociaux ont tendance à réifier les êtres. Autrement dit, à les transformer en choses. On a devant soi un catalogue de personnes. On peut les regarder et, si l’une ne nous plaît plus, paf, on la fait disparaître! Bien sûr, ce n’est pas la personne qu’on fait disparaître mais son avatar. Mais, symboliquement, c’est la même chose: une personne est transformée en chose.
Les réseaux sociaux incitent à multiplier le nombre des amis virtuels. C’est comme si ce nombre d’amis avait une valeur matérielle. C’est un capital social, comme une somme à la banque.
Sexe et addiction. Dans l’attachement, il y a une dimension sexuelle très marquée. Les réseaux sociaux sont des places publiques dédiées à la drague. C’est ce qui en explique le succès, d’ailleurs!
Mais là où ça peut devenir douloureux (si, si!) c’est quand le phénomène devient addictif.
Apprivoiser l’attachement:
Il est difficile de donner des conseils. Chacun a sa façon de voir les choses. A part les cas extrêmes où l’addiction crée la souffrance, il n’y a souvent rien que de très bénins dans ces attachements amicaux (ou professionnels).
Contrôler le temps passé. Le temps passé sur les réseaux sociaux est un indice. Faites un audit de votre consommation par semaine et titrez-en les conclusions voulues. (à lire: 6 moyens de dire stop aux injonctions de la technologie)
Rencontrer les personnes. La meilleure façon de rompre l’attachement avec une personne virtuelle est de la rencontrer physiquement. Cela peut devenir un ami. Ou pas!
3. La colère
Après deux émotions qui pouvaient avoir leur charme (le narcissisme et l’attachement), en voici une troisième qui est plutôt négative!
La colère! Qui n’a jamais lu un coup de gueule sur un blog ou une prise de bec dans des commentaires sur Facebook?
Parfois on se demande pourquoi les discussions sur les réseaux sociaux arrivent si vite à ces extrémités!
Comme disent les tontons flingueurs, « c’est curieux chez les internautes ce besoin de faire des phrases! » Ou: « mais il connait pas Raoul! » et vous connaissez la suite.
Le web est polarisé. Une des explication de cette colère, c’est la polarisation du web et notamment de la blogosphère. Sur le web, des camps se créent. Pour ou contre telle idée, ou telle personne. Et les deux camps s’invectivent de façon régulière (quand ils ne s’ignorent pas).
C’est sans doute une des limites du web (mais aussi du débat télé). Il y a peu de place pour la subtilité. Les arguments doivent faire mouche.
Déshinibition. Sur le web, il n’y a pas de contact physique. C’est déshinibant. Cela encourage donc la violence et la colère.
Incompréhension. Certaines colères s’expliquent juste par l’incompréhension. On a mal interprété un mot, on se sent visé: on réagit. L’agressé vous répond. Le cycle de violence est enclenché.
Apprivoiser la colère
Pour apprivoiser la colère, il convient d’abord de mieux se connaître. Par exemple, j’ai noté que le soir, très tard, je suis capable de commettre des remarques acerbes. J’évite donc de commenter vers minuit.
Attitude détachée. Adoptez une attitude plus détachée. Après tout, ce n’est qu’une discussion. Répondez de façon une peu « pro », sans agressivité, surtout. Respectez la néthique, diantre!
Don’t feed the troll. A l’égard des trolls, soyez strict: ne leur répondez pas!
4. La jalousie
La jalousie est typiquement une émotion éprouvée par les utilisateurs de réseaux sociaux sur Internet.
En effet, sur les réseaux sociaux les personnes sont amenées à se comparer les unes les autres. La jalousie y trouve un terrain d’expression.
C’est d’autant plus le cas dans un contexte où les statuts sont exhibés comme autant de signes de réussite sociale. Les uns exhibent leur profil avec fierté (voir le 1.) pendant que les autres éprouvent de la jalousie.
La jalousie peut me concerner quand je souffre de voir quelqu’un qui semble posséder un meilleur profil que moi. Mais elle peut aussi être éprouvée dans le cas contraire. On en veut à l’autre d’être heureux alors qu’objectivement il aurait tout pour ne pas l’être. Autrement dit, la jalousie est un jeu où on perd à tous les coups. Elle trouve à s’exercer dans tous les recoin des réseaux sociaux et elle ne laisse aucun répit à celui qui en souffre.
Apprivoiser la jalousie
Déjouer les projections. La jalousie est une forme de projection. On projette sur quelqu’un des qualités qui ne sont pas les siennes mais qui sont une image inversées de nos qualités propres.
Pour apprivoiser cette jalousie, il est nécessaire de prendre conscience de ces projections et, de cette façon, les désamorcer.
Apprendre à se réjouir pour les autres. Plutôt que de jalouser, pourquoi ne pas se réjouir du bonheur qui advient aux autres?
5. L’ignorance
Est-ce que l’ignorance est une émotion? Peut-être pas en elle-même, mais elle n’est pas neutre émotionnellement. Dans les cas les plus extrêmes, l’ignorance confine au fanatisme, au refus de voir la réalité.
Ignorer Internet. Beaucoup de critiques d’Internet ont à voir avec cette volonté d’ignorer. Les gens qui critiquent Internet (et beaucoup se sont exprimés dans les médias ces derniers temps) avouent ne pas passer beaucoup de temps sur le net. Ils ignorent volontairement le réseau. Par peur? Par orgueil? Ce n’est pas clair: ce mélange émotionnel est complexe.
Ignorer les autres. Mais même pour ceux qui utilisent les réseaux sociaux l’ignorance fait des ravages. Elle prend la forme du refus de s’intéresser aux autres. Cette ignorance peut prendre la forme du mépris ou du simple manque d’intérêt.
Ignorer la convivialité. L’ignorance nous conduit à agir de façon irrationnelle. Nous agissons face à l’outil informatique de façon « non conviviale » (à lire: le blog, un outil convivial). Nous nous entêtons dans des pratiques non productives. Nous cliquons sur beaucoup de liens, nous ouvrons maintes fenêtres, nous passons des heures à surfer, pris dans une sorte d’ivresse (ionysos 2.0) et à la fin, ignorant ce que nous avons fait, nous nous retrouvons, groggy, devant notre ordinateur.
Apprivoiser l’ignorance
Il n’y a qu’une façon d’apprivoiser l’ignorance: apprendre, apprendre, apprendre.
Pour cela nous pouvons adopter une approche expérimentale en trois temps: 1) Réfléchir 2) Agir 3) Voir le résultat.
Conclusion:
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, je préfère préciser que tout ce que j’écris est juste le fruit de mon observation personnelle et je ne suis pas diplômé en psychologie. Donc, si vous souhaitez me classer dans une des catégories de personnes narcissiques que je décrits plus haut, libre à vous! Et alors je je vous classerai parmi les jaloux, à moins que vous ne vous méttiez en colère ou que vous décidiez de m’ignorer totalement. La dernière hypothèse voudrait que vous vous attachiez à moi: dans ce cas, il est toujours possible de vous abonner au flux RSS de ce blog.
Articles sur le même sujet
Tags: emotion, media sociaux
novembre 2nd, 2010 at 08:41
Bonjour Eric,
Beaucoup de points d’accord avec toi sur ce billet. Avec une leçon essentielle que je partage : les outils ne sont que des potentialités. A nous d’en faire des instruments de mieux être ou de souffrance. Mais ceci est valable pour tout, c’est la beauté même et la limite de la condition humaine. On appelle cela tout simplement la liberté
J’aime beaucoup ton paragraphe sur la réification des individus qui me semble très juste et s’inscrit selon moi dans cette société de l’ultra-consommation et de la compétition libérale. On consomme les êtres et ne leur prêtons de l’importance qu’en fonction de leur rentabilité plaisir. Est-il drôle ? Intéressant ? Gentil ? Sinon, c’est le rejet.
S’agissant du dernier point, il y a un facteur très important dans cette ignorance affiché et revendiquée : c’est d’une part la résistance naturelle de l’homme au changement (qui est toujours un effort mental important) et la volonté de garder le pouvoir, en niant l’émergence des autres. c’était mieux avant.
Bonne continuation, toujours un plaisir de te lire et échanger des idées avec toi…
novembre 2nd, 2010 at 08:49
@Cyrille,
Oui, la réification _ j’ai sans doute écrit ce mot en pensant à Axel Honneth, un auteur dont on a un peu entendu parler ces temps-ci. Ses études sur la reconnaissance et la société du respect sont intéressantes (http://bit.ly/aMadwE)
Nos positions sont partagées et ambigues en ce qui concerne les réseaux sociaux (et la technique en général). On peut, comme moi, avoir un point de vue un peu réactionnaire, technophobe et pourtant adorer ces objets et ces réseaux, y passer beaucoup de temps. j’ai déjà écrit un billet sur nos contradictions, mais il faudrait que j’en écrive un autre…
Et merci aussi pour ton billet qui a été une bonne source d’inspiration
novembre 2nd, 2010 at 17:46
5 émotions causées par les réseaux sociaux et comment les apprivoiser…
Les réseaux sociaux transforment notre façon de communiquer. Ces cinq émotions liées aux médias sociaux, nous pouvons les apprivoiser….
novembre 2nd, 2010 at 17:50
Encore un très bon papier Eric…
novembre 2nd, 2010 at 18:11
Merci!
novembre 5th, 2010 at 02:07
Excélent billet (kom d’hab. ) Hop ! on le retweete !
novembre 5th, 2010 at 08:29
Merci à toi!
novembre 5th, 2010 at 08:47
Bonjour Eric,
Tu n’as pas parlé du plaisir de la découverte de nouveaux blogueurs qui justifie le temps passé sur le Net. Par exemple ce matin en suivant le lien de l’Hérétique vers Rubin à qui tu as fait un commentaire, je me suis souvenue que j’avais déjà eu plaisir à te lire et suis donc revenue.
Et voilà : encore très agréable de te lire. Pour ma part je suis en phase avec ton « analyse » (de ce fait, suis-je une experte ou une flatteuse ?)…
A bientôt !
novembre 7th, 2010 at 11:19
Le narcissisme et l’attachement ne sont pas des émotions. Le narcissisme est l’affection que l’on se porte à soi même. Il est tout à fait nécessaire à la bonne santé psychique. C’est une notion très complexe car les personnes les plus « narcissiques » sont celles qui présentent les plus grandes failles narcissiques.
L’attachement est une notion qui vient de l’éthologie. Elle décrit le fait que les jeunes sont attachés au premier adulte qu’ils perçoivent, et que cet attachement a des répercussions jusque dans leur vie sexuelle adulte. L »effet « attachement » était perceptible dans les forums. Il est beaucoup moins important dans les réseaux sociaux ou les relations sont diffractées en une quantité de liens (qui d’ailleurs sont une menace pour le narcissisme)
Enfin, l’ignorance n’est pas une émotion, mais un état cognitif.
Il est assez évident que l’on peut éprouver en ligne de la colère, de la joie, de la tristesse, du dégoût, de la peur ou de la surprise. Bref, ce que l’on appelait « les émotions de base ». Mais ces émotions sont principalement provoquées par les autres utilisateurs du réseau social.
novembre 7th, 2010 at 12:17
[...] This post was mentioned on Twitter by yann leroux, journal des reseaux. journal des reseaux said: Yann Leroux: | 5 émotions causées par les réseaux sociaux et comment les apprivoiser http://bit.ly/aFyNOO: http://bit.ly/dA6Avm [...]
novembre 8th, 2010 at 08:50
[...] 5 émotions causées par les réseaux sociaux et comment les apprivoiser, Eric Mainville [...]
novembre 8th, 2010 at 09:57
@Yann,
Merci pour ces précisions (qui sont plus que des précisions!).
Dans l’ensemble, le mot « émotion » ne convient sans doute pas. Mot fourre-tout, qui est le seul que j’ai trouvé pour rassemblé un ensemble d’affects liés à des représentations et des comportements.
Merci pour ton commentaire avisé.
novembre 8th, 2010 at 10:39
J’ai adoré tes profils si vrais. On voit par exemple sur Twitter un nombre hallucinant de nanas qui obtiennent des nombres de followers affolants en sortant trois phrases de cul et en faisant passer pour Megan Fox ou des experts qui fuient dès qu’on leur demande un résultat concret.
novembre 8th, 2010 at 11:04
@Romain,
Et oui! Je crois que les marques l’ont bien compris!
novembre 8th, 2010 at 22:11
[...] Eric Mainville : 5 émotions causées par les réseaux sociaux et comment les apprivoiser. [...]
novembre 9th, 2010 at 11:42
Autant j’aime la forme et le style d’écriture, autant je trouve le fond un peu décevant : ça s’appuie sur beaucoup de lieux communs et sur peu de science (à mon sens), le commentaire de Yann en est une bonne preuve par ailleurs.
Je trouve l’article très moralisateur, plein de jugements de valeurs.
Ex : « Vous l’aurez compris, le narcissisme est ridicule et il peut vous rendre odieux »
C’est clairement un jugement personnel… mais bon le blog est là pour ça aussi
Disons que je trouve cet article très bien écrit mais un peu léger sur le fond.
novembre 9th, 2010 at 15:59
@Robin,
Le moralisme, c’est ce que je voulais éviter, mais, apparemment, je n’y suis pas arrivé totalement! Tant pis, j’assume!
Enfin, si tu trouves l’article un peu léger, comme je le dis en conclusion, je ne suis pas psychologue. J’ai observé quelques trucs et je les décris avec mes mots, c’est tout! C’est ça, le blog. Pour des infos plus solides, reporte-toi à des enquêtes de psychologues ou de sociologue sur les réseaux sociaux.
novembre 10th, 2010 at 11:44
Je comprends mieux, je viens d’aller lire l’à propos. A vrai dire,j’ai découvert ce blog via un lien posté par Yann sur Twitter, et j’ai du coup eu des attentes liées à une certaine qualité scientifique, comme s’il s’agissait du blog d’un psychologue
Disons que ce qui me « gène », c’est que certes le blog est là pour ça, mais en même temps je pense que tant qu’à avancer des propos comme ça, mieux vaut qu’ils soient appuyés sur des bases un tant soit peu scientifiques. Mais je n’ai pas vraiment de leçon à donner, on doit tous écrire quelques propos scientifiquement doutés.
Au plaisir de relire de vos écrits!
novembre 10th, 2010 at 18:24
@Robin,
J’accepte tes critiques, mais faisons attention: dans le domaine psychologique, chacun a un peu d’expertise. Chacun doit la revendiquer!
novembre 11th, 2010 at 11:15
Allez je vais chipoter encore un peu
Je ne dirais pas d’expertise, ça sous-entend de vrais connaissances sur l’humain (cognition notamment) et à mon avis ce n’est pas le cas de la grande majorité des gens. Je comprends ce que tu veux dire, chacun a son vécu et ses expériences d’autrui et peut ainsi comprendre différentes choses.
novembre 11th, 2010 at 14:33
@Robin,
J’écris pour être critiqué, pour susciter des réactions, pas pour donner mon opinion (qui n’intéresse que moi) ou pour donner des leçons (comment le pourrais-je?)
En général, je suis sceptique. Et je terminerai en te posant une question sans réponse: la psychologie (ou la psychanalyse) est-elle une science exacte?
novembre 11th, 2010 at 21:32
Haha belle sortie Eric!
J’ajoute quand même ma pincée de sel en répondant : bien plus qu’on ne le croit communément.
PS : par contre, tu vas hérisser les psychologues en réduisant cette discipline à la psychanalyse!
novembre 11th, 2010 at 21:45
@Robin,
Sans doute, les psychanalystes sont encore moins scientifiques.
Dès qu’on aborde le domaine de l’esprit, il faut être très prudent. On nous a parlé du Prozac pendant des années, et aujourd’hui des études contestent son efficacité: http://bit.ly/botvE5 Pourtant, des milliers de professionnels l’ont prescrit pendant des années.
Je ne conteste pas le savoir des psychologues, attention! Mais je suis convaincu que tout ce qui touche au psychologique, à l’esprit, est trop complexe pour être réduit en équation.
novembre 11th, 2010 at 21:47
@Eric, il y a une réponse à ta question.
Nous avons quelques définitions qui nous permettent de savoir ce dont on parle. Mais nous souffrons du fait que la psychologie utilise des notions qui sont dans le vocabulaire banal. Tout le monde a des émotions, et donc tout le monde peut se sentir qualifié pour en parler. C’est en partie vrai, mais c’est faux a partir du moment ou l’on tende d’en parler autrement que comme une opinion.
novembre 12th, 2010 at 07:30
@Yann,
J’ai employé le mot « émotion » parce qu’il est « dans l’air » (combien d’articles sur l’intelligence émotionnelle dans les revues grand public?) et parce qu’il me permettait de parler à des lecteurs. Mais, au fond, cet article est un portrait de moi-même face aux médias sociaux! D’où le manque de rigueur réel de ma description. Je ne prétendrais pas plus!
Et je me souviens de cette phrase de Lacan disant de Margueritte Duras: « Elle se trouve savoir ce que moi j’enseigne ». _ Donc, comme je le disais en commentaire, le psychique est un domaine qui reste mystérieux, profond, incommensurable…
Bien sûr, la psychologie c’est aussi _ et surtout_ de l’observation, de l’expérimentation et des résultats mesurables. Et, pour cela, les grands auteurs sont une référence indispensable.
novembre 29th, 2010 at 23:04
Eric, Yann, Robin, votre échange m’a donné de l’inspiration :
http://monblogessai.wordpress.com/2010/11/29/nos-billets-sont-des-ebauches-forcement-perfectibles/
janvier 17th, 2011 at 12:05
[...] au net: Internet a gagné une nouvelle dimension grâce aux réseaux sociaux. Il est plus chargé en émotions. Sur les réseaux sociaux nous nous attachons à ce que font nos [...]
février 8th, 2011 at 08:24
[...] fait, les personnes qui se connectent aux réseaux sociaux sont tiraillés entre différentes émotions, et notamment la jalousie, [...]
mai 3rd, 2011 at 21:28
« Il m’est arrivé d’échanger avec des blogueurs qu’on dit « influents » et la conversation s’est déroulée autour d’un sujet passionnant : eux-mêmes. »
Des noms !