Internet fera-t-il revivre les petits villages français?
Avec le développement d’Internet, la ville est de moins en moins nécessaire pour les échanges d’idées et de marchandise.Et donc, les petits villages de France se mettent à revivre.
C’est en substance ce que dit Michel Houellebecq dans une interview. Dans les grandes villes, les nuisances sont trop nombreuses. La vie dans les villages est plus agréable. Et grâce à Internet, on s’informe, on communique.

Dans son roman, La Carte et le territoire, il développe cette thèse:
Il arrive dans les sociétés contemporaines, malgré l’acharnement que mettent les journalistes à traquer et à repérer les modes en formation, voire si possible à les créer, que certaines d’entre elles se développent de manière anarchique, sauvage, et prospèrent avant d’avoir été nominées – cela arrive même en réalité de plus en plus souvent, depuis la diffusion massive d’Internet et l’effondrement concomitant des médias écrits. Le succès croissant, sur l’ensemble du territoire français, des cours de cuisine ; l’apparition récente de compétitions locales destinées à récompenser de nouvelles créations charcutières ou fromagères ; le développement massif, inexorable de la randonnée et jusqu’à l’outing de Jean-Pierre Pernaut, tout concourait à ce fait sociologique nouveau : pour la première fois en réalité en France depuis Jean-Jacques Rousseau, la campagne était redevenue tendance. Ce fait, la société française sembla en prendre conscience brutalement, par l’intermédiaire de ses principaux quotidiens et magazines, dans les quelques semaines qui suivirent le vernissage de l’exposition de Jed. Et la carte Michelin, objet utilitaire, inaperçu par excellence, devint en l’espace de ces mêmes semaines le véhicule privilégié d’initiation à ce que Libération devait sans honte appeler la « magie du terroir ».
La thèse d’Houellebecq est-elle juste?
Certes, on voit se développer le télétravail. Le site Zevillage développe ce thème à partir de l’expérience de personnes qui se sont installées en Normandie pour travailler autrement.
Mais la vie au village n’est pas toujours rose pour les « néo ruraux ». Certains, repoussés hors de la ville pour des raisons économiques, ne trouvent dans les villages qu’un prolongement à la précarité de leur situation. C’est ce que décrit cet article du Monde diplomatique « exode urbain, exil rural » .
De plus, peut-on chanter la renaissance des petits villages, à l’époque où on s’inquiète de la survie des petites écoles rurales (Le Monolecte) et autres services publics?
Bref, on peut vraiment se demander dans quelle mesure Internet fait revivre les petits villages…
(photo: Sartpatrimoine)
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Tags: campagne, France, houellebecq, internet, neo ruraux, teletravail, village
novembre 11th, 2010 at 16:35
c’est au village qui fait bon à vivre
novembre 11th, 2010 at 17:05
[...] This post was mentioned on Twitter by Céleste, Agnès Maillard. Agnès Maillard said: | Internet fera-t-il revivre les petits villages français? http://bit.ly/99glT6 [...]
novembre 11th, 2010 at 17:54
Encore une phrase lancée en l’air: ce n’est pas internet qui fera revivre le bureau de Poste, le bistro ou la supérette, hauts lieux de rencontres et véritable cœur de la vie des villages…
En tant qu’ancien villageois, je ne regrette pas la vie en campagne, pour le dynamisme qu’apporte la vie en vile. En tant que futur campagnard (eh oui), j’attends avec impatience le retour au calme, mais le luxe d’internet, qu’on peut considérer comme une habitude, sera un manque s(il venait à disparaitre. On retrouverait les valeurs humaines, qui sait?
novembre 11th, 2010 at 18:54
@Homer,
Comme toi, je suis un peu sceptique quant à la valeur de l’analyse de Houellebecq. Est-ce que les actifs vont se mettre à télétravailler et aller vivre à la campagne? Ca semble plus un truc de retraités.
novembre 11th, 2010 at 23:42
Je viens de visionner un web documentaire sur un sujet connexe : la vie rêvée des pavillons.
http://www.france5.fr/portraits-d-un-nouveau-monde/#/theme/urbanisation/la-vie-revee-des-pavillons/
Il ne s’agit pas de campagne ou de néo-ruraux à proprement parler mais en dit long (en creux) de la précarité.
On est loin de l’aménagement de territoire, du télétravail,…
novembre 12th, 2010 at 01:56
On peut carrément aller vivre sous les tropiques, avec une connexion internet haut débit bien sûr.
C’est encore mieux!
novembre 12th, 2010 at 06:45
@Thierry,
La problématique de la campagne rejoint les Tropiques ;
La question centrale est toujours économique (avec ou sans internet) malgré un imaginaire puissant :
[...] Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil [...]
Charles Aznavour
[...]Belle-Ile-en-Mer
Marie-Galante
Saint-Vincent
Loin Singapour
Seymour Ceylan
Vous c’est l’eau c’est l’eau
Qui vous sépare
Et vous laisse à part [...]
[...]Je connais ce sentiment
De solitude et d’isolement [...]
Laurent Voulzy
novembre 12th, 2010 at 07:23
@Raphaëlle,
Ah! Très sympa ce commentaire en musique!
Oui, l’imaginaire et l’économique se mêlent dans ce choix de la « relocalisation » (Cf. Jean Zin http://bit.ly/7Ercd)
@Thierry,
Oui, je n’avais pas pensé à cette hypothèse, mais il est vrai que je suis plusieurs blogs d’expatriés volontaires. Pour qui aime les voyages lointains, c’est une belle opportunité permise par Internet.
novembre 12th, 2010 at 11:07
On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille.
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille,
De Paris ou d’Alger
Pour apprendre à marcher.
novembre 12th, 2010 at 11:54
Je ne crois pas qu’Internet fasse revivre les petits villages… ne serait-ce que parce que l’Internet de ceux-ci n’a rien à voir avec celui des villes, en termes de débit ! J’habite un village de 400 habitants et si nous disposons de l’ADSL, c’est un ADSL à 2 Mo qui, dans la réalité, atteint rarement 1 Mo. Et encore, nous ne nous estimons pas mal lotis : dans certains hameaux isolés, on connaît encore les joies du bas débit.
Cela dit, Internet permet quand même, dans une certaine mesure, d’accueillir de nouveaux habitants. Deux familles, à ma connaissance, ces dernières années. C’est peu, mais dans un village où plus de la moitié des habitants ont plus de 65 ans, c’est beaucoup. Surtout pour l’école !
Mais Internet ne peut rien contre le désengagement de l’État en zone rurale, nous sommes bien d’accord.
novembre 12th, 2010 at 15:12
@Florence,
Tu fais bien de rappeler l’inégalité de la couverture Internet dans notre pays!
Quant à la démographie des petits villages, on assiste parfois à des repeuplements (je n’ai pas retrouvé les chiffres, mais je crois me souvenir que beaucoup de petits villages avaient vu leur population augmenter lors du dernier recensement dans ma région _ à vérifier!)
novembre 15th, 2010 at 00:16
Je ne sais pas si Internet suffira pour cela. J’espère ayant passé une belle enfance dans un village d’Ardèche. Franchement, cela ne me déplairais pas d’y habiter en famille.
Et le livre alors, tu as aimé?
novembre 15th, 2010 at 08:58
@Fabrice,
Moins que ses autres livres.
novembre 30th, 2010 at 14:10
Merci Eric de cette mention de Zevillage.
En effet, la campagne est un phantasme de citadin. Tous les ans, 8 millions d’habitants d’Ile-de-France sur 11 disent vouloir s’installer en milieu rural. Mais peu passent à l’acte…
D’abord parce qu’il n’y a pas de travail à la campagne : peu d’habitants et peu d’entreprises.
En revanche, le télétravail pourrait être une bonne solution. Mais comme l’écrit Florence, il faudrait disposer de meilleures infrastructures pour accéder à l’Internet.
Dans l’Orne nous avons lancé un réseau de télécentres ruraux connectés en Très haut débit pour aider à cette délocalisation (voir le 1er dans notre village http://www.boitron.fr).
Je vous invite à débattre de ces sujets sur Zevillage, ils sont au coeur de notre ligne éditoriale
novembre 30th, 2010 at 17:46
Très bien!
novembre 20th, 2011 at 11:44
[...] Il y aura bientôt une cantine numérique au Mans. Un espace dédié au numérique, sur le modèle de la Cantine parisienne ou de ses petites sœurs nantaise et rennaise. Ces lieux favorisent le coworking, la collaboration et le télétravail. [...]