La forme d’une information est aussi une information

Vous êtes devant votre poste de télévision et vous regardez un reportage de 50 secondes du journal télévisé. Normal.

Normal, sauf que, de temps en temps, ce flux d’informations finit par devenir étrange. Inquiétante étrangeté.

Les informations, qui sont notre quotidien, ont une forme. Une couleur, un son, et, parfois, dirait-on, une odeur.

l'informationMais, dans ce reportage de 50 secondes, qu’est-ce qui vous aura marqué? Le contenu des informations? Ou bien la forme: le fait que ça se passe à la télévision, la manière dont les personnes ont été filmées, la voix de la présentatrice, etc.

On reçoit tellement d’informations que, souvent, on ne se demande même plus pourquoi on les « consomme ».

L’info va de soi: elle est comme l’air qu’on respire. C’est une nourriture de base. Souvent trop présente, parfois décevante, mais rarement questionnée.

Ère de la validation

Et, pourtant, on pourrait appliquer notre esprit critique aux informations et pas seulement à leur contenu.

Pourquoi tel média me communique telle information? Qui la rapporte? Comment? Quand?

S’interroger sur les informations, leur forme même, leur traçabilité, est devenu une préoccupation à l’ère de la validation, comme l’a baptisée Steve Rubel.

Passé l’âge florissant des réseaux sociaux, où l’information nous provenait de nos pairs (nos « amis »), nous sommes maintenant à la recherche de sources plus sûres, à mêmes de valider les informations.

Bref, les questions qu’on se pose sur une information, on peut les poser sur la forme sous laquelle l’information nous est transmise.

Qui?

Quel est l’auteur de l’article, du reportage? Certains auteurs (éditorialistes) ont un style reconnaissable, qui donne à l’information une couleur spéciale.

Quoi?

Quel est le média qui transmet l’information? Ce n’est pas la même chose de lire une information sur Twitter ou de la voir développée sur un magazine ou encore traitée en brève dans un quotidien.

Où?

Par exemple, à quelle page d’un journal avez-vous lu telle information? Et où exactement dans la page? L’information a-t-elle fait l’objet d’un gros titre ou au contraire a-t-elle été reléguée en bas de page?

Quand?

A quelle heure avez-vous reçu telle information?

Comment?

Comment l’information est-elle mise en scène? Cette question ouvre sur plein de développements possibles. La façon de raconter une histoire, de la rendre vivante, influe sur la façon dont on va la percevoir et l’interpréter.

Combien?

Quel espace (nombre de mots, de pages), quelle durée (temps de journal télévisé) est consacrée à une information? Une information martelée pendant toute la journée sur toutes les télés et radio prend une autre dimension. Quand le buzz s’étend sur des semaines dans le monde entier, on franchit une autre étape.

Pourquoi?

C’est la question la plus mystérieuse. Pourquoi tel journal m’informe-t-il de tel événement? Mais, parce que c’estnouveau et important! Il faut aller au-delà de cette réponse évidente…

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One Response to “La forme d’une information est aussi une information”

  1. toto Says:

    ouaip :) (oui, je me sens approuvante ce soir, et je te le dis (oui, c’était pas indispensable, m’enfin bon)).

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