L’écriture manuelle est-elle en danger?
L’écriture manuelle va-t-elle disparaître, comme le suggère Rue89 ? A force d’écrire des SMS, des tweets, des e-mails, nous délaissons le bon vieux stylo bille.
Selon une étude britannique, un adulte sur trois n’a rien écrit à la main dans les six dernier mois. Pour deux tiers des personnes, quand ils écrivent, c’est uniquement des notes griffonnées pour eux-mêmes.
pourtant, une autre étude montre l’importance de l’écriture manuelle, notamment chez les enfants qui apprennent à écrire.
Quand on l’interrogeait sur l’écriture, Proust répondait que l’écriture est un travail manuel. Un travail en voie de mutation ?
Et vous, depuis combien de temps n’avez-vous pas écrit à la main ?
(photo: Angie Pike _ Wall Street Journal)
juillet 3rd, 2012 at 11:31
Salut Eric,
c’est marrant que tu abordes ce sujet, car le peu de fois où je dois rédiger des lettres manuscrites je me suis rendu compte que même si mes formulations se sont sensiblement améliorées, en revanche la qualité de mon écriture s’est considérablement altérée dans le temps.
Mes idées arrivent beaucoup plus vite que ce que ma main peut écrire en résulte donc une baisse de la qualité de mon écriture…
juillet 3rd, 2012 at 13:29
Ce sujet m’intéresse tout particulièrement, étant dans cette génération de transition entre le tout numérique et l’écriture manuelle.
Je me rends compte que mon poignet n’est plus habitué à une écriture longue ou continue, et les rares fois où j’ai quelque chose à écrire (lettre, examen, etc), mon poignet souffre très vite. Ennuyeux.
juillet 3rd, 2012 at 13:50
@Maxime,
Je crois qu’il faut en prendre conscience!
@Christophe,
Oui, il y a une évolution, une perte d’habitude d’écrire à la main.
juillet 3rd, 2012 at 14:57
L’inverse de Maxime : j’écris toujours aussi bien à la main, mais la possibilité de jouer avec les formulation, d’effacer des trucs et de tout tester sans qu’il y paraisse rien à la fin me manque. Du coup j’écris manuellement surtout pour moi-même, lorsque j’ai toute liberté de faire des ratures.
Du temps où j’étais en licence, on écrivait tous nos travaux universitaires à la main, et ça voulait dire que la moindre rature m’obligeait à recopier l’intégralité de mon travail depuis le début (je recopiais parfois trois ou quatre fois jusqu’à obtenir un rendu suffisamment beau qui puisse rivaliser avec la clarté d’une imprimante). Il y a quand même un caractère obsessif qui découle de l’écriture à la main « au propre » qui n’est pas très sain. J’ai mis des années par la suite à « désapprendre » d’écrire et pouvoir à nouveau prendre plaisir dans une écriture à la main libérée de l’obligation d’être parfaite. Dans mon expérience, l’écriture à la main nous détourne de la pensée en mettant au premier plan le souci d’une esthétique purement plastique.
juillet 3rd, 2012 at 18:42
@Jeanne,
C’est une expérience que je n’ai pas, parce que j’ai toujours écrit assez mal, depuis l’enfance! Je n’ai aucun plaisir esthétique à écrire, ou alors c’est que j’aime bien voir des textes raturés. Pour moi, le plaisir d’écrire c’est le plaisir d’être concentré.
juillet 8th, 2012 at 03:02
J’écris tous les jours à la main. Plusieurs fois par jour. Il m’arrive même de recopier ce que j’ai écrit à la main parce que je n’ai pas la capacité de faire des recherches contextuelles, à moins de tout relire ! et je réécris un peu du texte, parce qu’il est vrai que je fais nettement moins de bévues (syntaxe, orthographe, ou même style) sur mon ordinateur qu’à la main.
Mais l’écriture automatique créatrice reste pour moi un exercice, une discipline nécessaire – et je dirais même plus routinière : chaque matin, au lever, je jette ce qu’il y a dans mon cerveau, sans censure, ni correction, ni même relecture pendant un quart d’heure.
juillet 8th, 2012 at 11:35
@Otir,
Une belle expérience que celle d’écrire le matin. C’est en feet le matin, je crois, qu’on a les idées les plus claires.