Aurélien Bellanger : un écrivain prometteur

Ces jours-ci, les médias disent beaucoup de bien du premier roman d’Aurélien Bellanger, La Théorie de l’information. Le « nouvel Houellebecq » a été encensé par la critique (seul L’Express n’a pas aimé). Le roman du prodige de 22 ans, auteur d’un essai sur Houellebecq, s’impose comme « le livre de la rentrée littéraire ».

Quels sont les raisons de ce succès bien orchestré ?

Gallimard : l’auteur est édité chez Gallimard, l’éditeur qui rafle la plupart des prix littéraires en France (et qui vient de racheter Flammarion). Il s’appuie sur de nombreux relais dans les médias.

Par exemple, Bellanger est reçu à France Culture lundi dernier. Le journaliste explique : « Je suis parti en vacances en juin avec votre livre et à la rentrée je me suis dit que j’allais faire découvrir à tous un nouvel auteur. Quelle n’a pas été ma surprise quand j’ai vu que tous les médias parlaient de vous ! ». Le hasard fait bien les choses…

Sujet grand public : La Théorie de l’information raconte l’histoire d’un entrepreneur qui ressemble à Xavier Niel, fondateur de Free. Il retrace l’évolution des nouvelles technologies en France, du Minitel à Internet. Ce sujet peut intéresser un large public.

Écriture « blanche » : le roman est écrit dans un style « blanc », sans fioriture, sans de lyrisme. Ce style « à la Camus » a fait le succès de Houellebecq. L’écriture blanche se confond parfois avec le style journalistique, facile à assimiler. Le blanc va-t-il avec tout ?

Rousseauisme : la conclusion du roman (que je n’ai pas encore lu) débouche sur une mise en doute du progrès technique. Cette touche rousseauiste est faite pour plaire aux lecteurs français pessimistes…

Jeune auteur : Bellanger a l’attrait de la nouveauté. Tous les ans on espère découvrir la nouvelle Françoise Sagan ou le nouveau Modiano. Aurélien Bellanger saura-t-il durer ?

Un peu de sexe : dans les interviews, l’auteur rappelle que l’invention du Minitel était indissociablement liée à celle du Minitel rose. Le roman de la rentrée doit aussi se teinter de rose.

En conclusion, le roman d’Aurélien Bellanger respecte les critères nécessaires pour devenir « le livre de la rentrée littéraire ». Nécessaires et suffisants ?

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One Response to “Aurélien Bellanger : un écrivain prometteur”

  1. Hervé Torchet Says:

    Très juste analyse et bonne rentrée, Éric. Gallimard ne se contente pas des privications de Millet pour faire parler de soi, heureusement, mais sort de la liste du Goncourt, me semble-t-il.

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