Quand la croissance ne fait pas le bonheur

La Chine connaît une croissance économique fabuleuses depuis les années 1990. Mais le bien être de la population (le Bonheur national brut, disent certains) n’a pas augmenté, explique Richard Easterlin, un chercheur américain. Pour le tiers le plus pauvre de la population, la croissance a même dégradé son bien être. La croissance seule n’apporte rien sans de bons emplois et des mécanismes de sécurité sociale, ajoute-t-il.

Une certaine sécurité

Selon cette étude, menée dans les grandes villes, la mesure du bonheur suit une courbe en U. Au début des années 1990, avant le développement de l’économie, les travailleurs gagnaient peu, mais ils avaient une certaine sécurité. Leur bien être était comparable à celui des sociétés développées.

Quand l’économie s’est développée, beaucoup sont allés travailler dans les grandes villes dans des conditions épouvantables. Leur bien être a chuté considérablement. Puis, vers la fin des années 2000, on commence à remonter la pente.

Un exemple de donnée : en 2007, 27% de personnes appartenant au tiers le moins riche de la population se disaient satisfaits de leur situation financière. Ils étaient 42% en 1990.

Paradoxe d’Easterlin

Aux États-Unis, dès les années 1970, le même phénomène a été observé, également par le même chercheur. On parle de « paradoxe d’Easterlin », pour décrire le fait que la croissance de l’économie ne fait pas le bonheur de tous (cité dans L’Économie du bonheur, dont j’ai déjà parlé).
On avance deux explications à cela : l’accoutumance et la comparaison.
L’accoutumance fait que lorsque votre revenu augmente vous en éprouvez un surplus de bien être, mais rapidement vous vous y habituez. Le bien être diminue à nouveau.

Consommation ostentatoire

La comparaison fait que le revenu importe moins que le revenu relatif : l’accroissement du revenu des uns a pour corollaire la jalousie des autres. Pour la société, c’est donc un jeu à somme nulle. C’est pourquoi certains économistes conseillent de réduire les inégalités par la fiscalité. De cette façon, on réduirait la course à la « consommation ostentatoire » qui nuit plutôt au bonheur collectif (source : L’Economie du bonheur).

  • Il est à noter que ce thème de la réduction des inégalités a fait l’objet récemment d’un dossier complet dans The Economist.
Illustration : L'Economie du bonheur

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One Response to “Quand la croissance ne fait pas le bonheur”

  1. Aurélien Says:

    Réduire les inégalités par la fiscalité, ce n’est pas ce que devait faire notre nouveau Président ? Quel dommage que cette promesse semble si compliquée à tenir…
    Merci pour cet article très pertinent.

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