Trois fumeurs à bout de souffle

J’étais à Laval. Dans un café, je répondais à des mails sur mon smartphone. J’étais assis à l’intérieur du café, juste à la limite de la zone fumeur, sur la terrasse.

Comme il n’y avait pas de séparation entre les deux zones, je pouvais allègrement profiter du spectacle et de l’odeur émanant d’un groupe de trois fumeurs installés à deux tables de la mienne.

Ils avaient plus de cinquante ans, deux femmes et un homme. Ils étaient entourés d’un halo de fumée.

Une des deux femmes se plaignit de trop fumer. Elle dit : « Je m’ennuie seule chez moi, alors je fume. »

« Tu peux m’appeler! »

L’homme lui répondit que lui aussi, au chômage, s’ennuyait chez lui. Il lui dit : « Tu peux m’appeler quand c’est comme ça. » Il parla ensuite de ses problèmes de santé qui l’obligeaient à se rendre le lendemain à l’hôpital pour passer un examen.
Les trois personnes se sont levées, ont payé leurs consommations et sont reparties en direction de l’hôtel de ville de Laval.
En quelques secondes, j’ai perçu une des conséquences de l’inutilité sociale (si l’on peut dire) des chômeurs de longue durée. La solitude imposée. Le manque de relation sociale. La désocialisation progressive.
Et, comme il faut combler le temps libre, des passe temps comme la cigarette se développent.

Les chômeurs sont de gros fumeurs

Une statistique : 43,5% des chômeurs fument alors que pour la population totale c’est 26,9%.

La solitude de l’homme inutile (chômeur de longue durée) a souvent pour conséquence une moindre envie de socialiser.

On se replie sur soi. On reste chez soi. Par crainte de rencontrer les autres. Pour ne pas parler de son absence d’emploi.

On entre dans le cercle vicieux de la solitude.
Qui évaluera la conséquence sur les individus (et sur la société) de l’augmentation du nombre d’hommes et de femmes inutiles, car non employés, ou peu employés ?

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